La production artistique d’Adrien Fregosi s’articule autour de sa pratique, originelle, du dessin. Gravite autour d’elle d’autres mediums, qui y trouvent toujours leur point d’ancrage. Cet usage du dessin met en scène, le plus souvent, un travail de composition d’éléments disparates, qui joue sur un certain déséquilibre, entre excès et manque. Ces agencements proviennent souvent de récupération, de matériaux pauvres, trouvés, périmés, inadaptés.

Entre mythologie personnelle et rapport savant aux cultures alternatives, le travail d’Adrien Fregosi est référencé : il s’intéresse particulièrement au renouveau de la peinture figurative, à l’auto-édition et la micro-édition via l’usage de techniques d’impressions diverses (sérigraphie, risographie, impression à l’alcool, linogravure), aux scènes graphiques indépendantes issues de la bande-dessinée (des Etats-Unis, du Japon…), à l’esthétique de la culture graffiti.

Le lexique utilisé dans les productions de l’artiste est issu de toutes ces recherches, mais pour autant ces références, digérées, ne sont pas requises à la lecture de ces tableaux à la narration tragi-comique. L’exécution est instinctive, car l’ébauche n’est pas conçue ou pensée à l’avance, mais permet de construire un dessin a posteriori, en refus d’une quelconque virtuosité. Ce procédé créatif en plusieurs étapes révèle alors une forme de monologue, acide et tendre, qui relève presque du rituel, d’une énergie libérée, d’un processus thérapeutique.